Bonjour toi !
Aujourd’hui, point de photos
alléchantes, ou d’horizons brumeux, de fleurs romantiques. Mais un peu de tout
ça à la fois.
Ce blog rassemble, comme tu le
sais sûrement, des recettes, des carnets de promenades, sur les routes de
l’Ain, de France et d’ailleurs, des tricots, et des retours sur des bouquins
que j’ai aimés. Le point commun de tout ce dont j’avais envie de te parler
(communément appelé, la ligne éditoriale, t’as vu ?!) a
longtemps été flou dans ma tête, si ce n’est que je trouvais que toutes ces
choses-là faisaient sens pour moi.
Bref, ce qui me donne envie de te
parler, de partager des morceaux de ma vie sur instagram (spoil alert, ma vie
n’est pas composée que de fleurs, de tricots et de ciels bleus !), c’est ce
que ça raconte. Alors j’ai envie de te parler de réflexions qui me portent.
Pour commencer, c’est tout de suite, c’est aujourd’hui !
Et l'autre soir, avec ma copine
Mathilde, on s’est motivées pour aller à la rencontre de Cyril Dion dans une
très chouette librairie parisienne (Le Comptoir des mots dans le 20ème art).
Le nom de Cyril Dion te dit quelque
chose ? Je vous en avais parlé ici, avec le livre issu du film Demain. Ce
film, c’est « un docu de quasiment deux heures, avec des passages
sous-titrés, qui parle de théories économiques et d’écologie, bref chiant sur
le papier mais qui a rencontré quand même 1.2 million de spectateurs dans
les cinémas de France et qui s’adapte ou se traduit dans pas moins de 22 pays
aujourd’hui. » (évidemment, je cite Cyril Dion).
Le message que fait passer Cyril Dion aujourd'hui, dans son nouveau livre et dans ses interventions est moins dilué aux bons sentiments. Il profite de son influence née du film, de son temps de parole dans les médias pour faire passer un message plus clair et moins dans les compromis. Je m'attendais un peu à "la politique des petits pas", les colibris, chacun fait sa part et blabla (qui me soûle parfois un peu), et ce n'est pas ça que j'ai entendu, et c'est pourquoi je veux vous le raconter.
Le pré-supposé de son message : on a pris conscience que le changement climatique peut éteindre notre civilisation. Partant de là, si on a envie d'éviter la fin de notre monde, de l'humanité, il faut agir.
Aujourd'hui, quand on parle de changer le monde, deux discours sont dominants :
- les entreprises remettent la "faute" sur le consommateur : il achète, pourquoi on arrêterai de produire ?
- le citoyen déplore que les pouvoirs publics ne fassent pas plus, voir même rien pour changer le monde.
Donc face à ça, on peut penser au suicide, à l’ermitage ou se retrousser les manches et essayer.
Si la solution c'est d'essayer, on se rend tous assez rapidement compte qu'éteindre la lumière en sortant d'une pièce ou couper l'eau lorsqu'on se brosse les dents, ça ne suffira pas. Donc nos deux principaux leviers d'actions sont : notre argent et notre temps.
Avec l'argent, on peut à la fois développer le sujet des choix de consommation pendant des semaines, soit évacuer le sujet. On sait tous que manger de saison, local, bio, limiter les déchets, privilégier les circuits courts, c'est mieux, non ? Ok. (mais on a pas tous des sous, alors qu'on a tous du temps!) Pour l'industrie textile, ça nécessiterai qu'on en parle un peu aussi, mais globalement, c'est un gros levier d'action après avoir épuré un peu la question de l'alimentation et de la maison, notons juste que l'industrie textile produit plus de gaz à effets de serre que l'intégralité des vols internationaux et du trafic maritime mondial cumulé. (Je pose ça là)
Pour ce qui est de notre temps. Qui ne dit jamais "J'aimerai mais je n'ai pas le temps!" ? Les dernières études montrent que l'on passe environ 7 heures à dormir, 7 heures à travailler et 8 heures par jour sur les écrans (smartphone, ordi, tablette, tv...). Il reste donc deux heures par jour. Alors soit on consacre ces deux heures par jour à changer le monde, soit on essaie de modifier un peu notre organisation et changer le monde via d'autres biais. Exemple de Cyril Dion : "Ah mais, ok, je travaille chez Monsanto, mais j'y vais en vélo !"
Donc ça c'est un peu la politique des petits pas, on change son monde, les choses sur lesquelles ont peut avoir un impact direct, mais ce sont des changements peu visibles.
Et pour faire bouger les pouvoirs publics - qui ne vont pas saborder le modèle capitaliste et tout changer pour sauver le monde aujourd'hui on dirait - il faut être visible (mettre ton gilet jaune quoi). Cyril Dion, dans une récente interview de Nicolas Hulot encore ministre a échangé au sujet de l'invisibilité des gens qui veulent changer le monde, sauver la planète.
Et Hulot en avait discuté avec Travers (ex ministre de l'agriculture), et ce dernier lui retourne : "mais ils sont où, tous ces gens dont tu parles? Ces gens qui veulent changer le monde ? Je ne les vois pas ! Alors que les agriculteurs qui déversent du fumier, les routiers qui bloquent les grands axes, eux je les vois, ils sont nombreux". Alors Cyril Dion rappelle l'importance de se rendre visible, de faire du bruit, de se mobiliser, pour faire plier, faire bouger la politique (donc le monde?).
Deux idées sont donc présentées : ok, je change ma consommation, l'usage de mon temps... Mais pour faire changer les autres et donc changer le monde : les injonctions n'ont jamais fonctionné ! (Tant pour : faut manger moins de viande, utiliser moins de plastique, moins rouler en diesel, moins prendre l'avion). C'est un peu l'évangélisation, et c'est long, culpabilisant, et souvent même contre productif...
Personne ne rêve avec la décroissance, la simplicité ... Mais par contre, avoir un smartphone, appartenir à une frange de personnes qui peuvent consommer, ça fait rêver des gens. C'est notre modèle (et c'est encore à cette période de l'année entre Black Friday et Noël qu'on le voit encore mieux!!).
Evidemment la meilleure illustration de ce blog !! |
Alors pour changer le monde, il faut rendre ce changement tangible (= le faire soi même, le faire en groupe) et le montrer, pour qu'il donne envie. Tout notre champ visuel, dans le métro, dans les entrées de villes avec les panneaux publicitaires : tout pousse à consommer. Alors juste par des messages comme celui ci sur un petit blog perdu dans les internets, par des conférences de Cyril Dion (où, ne nous leurons pas, les gens étaient sensiblement pareil : 25-35 ans, catégorie socio-pro ++, regardé de loin plutôt ce que les rageux appellent bobo)... On change le monde !
Je vous partage des photos de cousettes, de trucs dénichés à Emmaüs, des fleurs et de paysages, et moi-même, je trouve ça parfois futile ? Finalement, cette conférence donne un peu de sens à tout ça ... Je participe à changer de paradigme, à changer le monde, à montrer que le capitalisme n'est pas le seul modèle possible et souhaitable.
Et quand en plus - ça m'est arrivé plusieurs fois récemment dans la vraie vie et c'est bizarre mais tellement chouette (merci Jade, Marie, Lucie...) - on échange dans des discussions sur cette porte ouverte à l'échange et aux petits bonheurs du quotidien ici et là, je me dis que la boule de neige est en train de devenir bonhomme (avant de fondre à cause du changement climatique?).
Nous voilà au terme de ce long article, un peu d'un nouveau genre... Qui vous a plu j'espère ! Bravo si vous êtes arrivés jusque là !
Ces idées sont certainement beaucoup mieux présentées dans le nouveau livre de Cyril Dion, il est dédicacé et sur ma table de chevet mais je ne l'ai pas encore lu !!

On se retrouve sur Pinterest ?
Je viens d'amortir mon temps passé devant l'écran en lisant quelque chose de bien ! Plaisir !
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